Les partenariats et la collaboration sont au cœur du secteur canadien de la coopération internationale. Ils montrent comment nous nous épaulons mutuellement, comment nous partageons les charges, comment nous renforçons notre voix collective et comment nous continuons de travailler pour un monde plus juste, même lorsque le sol se dérobe sous nos pieds. Le rapport « Paysage des coalitions en 2025 », première mise à jour depuis 2014, offre l’image la plus claire à ce jour de l’évolution des coalitions, des raisons pour lesquelles elles comptent et de ce qu’il faudra pour les maintenir solides au cours des prochaines années.

S’appuyant sur les points de vue de 32 coalitions, le rapport décrit un secteur à la fois dynamique et sous tension. Il met en lumière le rôle disproportionné des coalitions en matière de défense des intérêts, de coordination, d’apprentissage et d’alignement sectoriel, tout en reconnaissant les pressions émotionnelles et pratiques assumées par les personnes qui rendent ce travail possible. 
Voici les principaux enseignements qui façonnent l’avenir du travail en coalition au Canada. 

Seul un quart des coalitions de l’étude 2025 apparaissent dans les trois exercices de cartographie, ce qui souligne à quel point cet écosystème est fluide et adaptable. Les coalitions émergent en réponse à des besoins pressants, changent de cap à mesure que les contextes évoluent et, dans bien des cas, disparaissent en raison de nouvelles réalités. 

Le Paysage des coalitions en 2025 englobe des organisations œuvrant dans les domaines des droits de la personne (44 %), de l’égalité des genres (34 %), de la santé (19 %) et du climat (19 %), beaucoup de coalitions intervenant à l’intersection de plusieurs champs tels que l’action humanitaire, la gouvernance et le développement mené localement. 

Malgré des ressources limitées et des pressions administratives croissantes, les coalitions restent l’une des plus grandes forces du secteur. Cinq sources de valeur essentielles se dégagent de l’étude : 

  • Une voix politique unifiée qui accroît la crédibilité et l’accès auprès des pouvoirs publics. 
  • Une coordination stratégique qui réduit les dédoublements et aligne les messages. 
  • L’apprentissage entre pairs et le partage des connaissances qui renforcent les pratiques sectorielles. 
  • L’élargissement des capacités, en particulier pour les petites organisations. 
  • Des espaces sûrs pour la défense d’intérêts sensibles et la consolidation de la solidarité.

Ce constat se répète tout au long du rapport, tous secteurs et types de coalitions confondus : les coalitions fonctionnent sur un pied financier précaire. Parmi les dynamiques clés, notons la dépendance à des financements à court terme fondés sur des projets, l’absence de ressources de base pour la coordination et le recours excessif au bénévolat. 

Beaucoup de coalitions anticipent des compressions budgétaires au cours des deux prochaines années et, si certaines ont diversifié leurs sources de revenus, la plupart ne l’ont pas fait. La pérennité demeure l’un des principaux points douloureux de l’écosystème. 

Des approches féministes de suivi, évaluation, responsabilité et apprentissage (MEAL) au développement mené localement, les coalitions repensent activement la circulation du pouvoir dans la gouvernance, l’adhésion, le financement et la prise de décision. Beaucoup : 

  • modifient leurs modèles d’adhésion ; 
  • réduisent les obstacles pour les petites organisations et les partenaires du Sud global ; 
  • intègrent la lutte contre le racisme et la réconciliation dans l’ensemble de la gouvernance ; 
  • s’attaquent aux lacunes de représentation dans les instances décisionnelles et de leadership. 

Il s’agit d’un changement notable par rapport aux précédentes cartographies des coalitions, où l’équité était présente, mais moins ancrée structurellement. 

Le rapport se conclut par quatre inflexions à l’échelle du système qui détermineront si les coalitions peuvent demeurer des points d’ancrage solides pour le secteur dans les années à venir : 

  • Renforcer la gouvernance et l’alignement stratégique, notamment au moyen de calendriers communs de plaidoyer et de messages concertés. 
  • Développer des capacités collectives grâce à des outils partagés, à l’apprentissage inter-coalitions et à des ressources de communication mutualisées. 
  • Ancrer l’équité et l’inclusion, en garantissant la participation significative des jeunes, des personnes francophones, des peuples autochtones, des organisations du Sud global et des petites organisations. 
  • Assurer un financement diversifié et durable, y compris des stratégies d’engagement du public et des partenariats philanthropiques plus profonds. 

Conclusion : renforcer les fils qui tiennent le secteur ensemble 

Le Paysage des coalitions en 2025 révèle un secteur sous tension, mais profondément attaché à l’action collective. Les coalitions restent les fils qui tissent cet écosystème : des espaces où les organisations s’alignent, se soutiennent et portent le changement avec une force qu’aucune ne pourrait mobiliser seule. Mais soutenir ce travail demande plus que de la bonne volonté : il faut un financement stable, un renforcement des capacités et des infrastructures partagées pour que ces réseaux puissent continuer d’accomplir ce dont le secteur a besoin. À mesure que les coalitions naviguent des pressions de plus en plus complexes, Coopération Canada est prêt à resserrer ces liens : en réunissant les coalitions, en favorisant l’apprentissage partagé et en amplifiant une voix sectorielle unifiée lorsque cela compte le plus. 

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