Gouvernance mondiale Nouvelles Le Canada dépend des règles mondiales. Il devrait contribuer à les améliorer Cooperation Canada Nouvelles 5 Mins read juillet 9, 2026 / Nouvelles et mises à jour / Nouvelles / Le Canada dépend des règles mondiales. Il devrait contribuer à les améliorer Alors que les dirigeant·e·s se sot récemment réuni·e·s à Évian, en France, le G7 a adopté le langage d’un monde en mutation : souveraineté économique, résilience et partenariats mutuellement bénéfiques. Le groupe a également réaffirmé l’importance de l’aide internationale pour celles et ceux qui en ont le plus besoin. Dans le climat d’incertitude actuel, tout cela est bienvenu. J’ai perçu la même urgence à Paris, où j’ai participé au Sommet du Civil 7, organisé en amont du G7, aux côtés de dirigeant·e·s de la société civile venus du monde entier. Le message était clair : si les gouvernements souhaitent des partenariats plus résilients et une plus grande autonomie, ils doivent s’attaquer aux règles et aux structures de financement qui continuent de limiter les choix des pays. Mais les mots seuls ne suffisent pas à faire preuve de leadership. Si le G7 souhaite un monde plus autonome, il doit prendre l’initiative de modifier les règles qui rendent cette autonomie si difficile à atteindre. Alors que les conflits, les chocs climatiques et les pandémies affectent de plus en plus le monde et les Canadien·ne·s, le véritable défi consiste à savoir si le Canada saura traduire ces déclarations en une politique étrangère qui contribue à bâtir un système international plus juste. Sinon, nous risquons de reproduire la dépendance sous une nouvelle appellation. La prospérité et la sécurité du Canada dépendent d’un monde où les règles comptent. Les pays disposant de peu d’options de financement sont plus vulnérables à l’instabilité, à la coercition et à la dépendance. Cela alimente des crises qui perturbent les chaînes d’approvisionnement, accroissent les besoins humanitaires, provoquent des déplacements de population et créent des risques sécuritaires qui ne s’arrêtent pas aux frontières. La souveraineté économique signifie la capacité des pays à faire de véritables choix concernant leur propre développement. Cela n’est pas possible lorsque les recettes sont accaparées par la dette, l’évasion fiscale et des coûts d’emprunt inéquitables. Le G7 a reconnu à juste titre que la coopération au développement n’a pas toujours réduit la dépendance ni conduit à une croissance durable. Mais la solution ne peut consister à rejeter la responsabilité sur les pays partenaires tout en laissant ces contraintes intactes. Cela commence par une réforme de la dette et de la fiscalité. Le Canada et ses partenaires du G7 doivent soutenir l’annulation urgente de la dette lorsqu’elle est insoutenable. Ils devraient promouvoir la coopération fiscale internationale et lutter contre les flux financiers illicites. Sans action sur ces questions, les appels lancés aux pays pour qu’ils financent leur propre développement restent vides de sens. Le financement privé a un rôle à jouer, mais il ne peut se substituer aux objectifs que les institutions publiques sont les mieux à même d’atteindre. Il ne se dirigera pas là où les besoins sont les plus grands. Il ne financera pas les services publics ni ne soutiendra les communautés confrontées à l’exclusion la plus profonde. C’est pourquoi le G7 doit protéger et reconstruire l’aide internationale au développement et à l’action humanitaire. Les pays du G7, y compris le Canada, représentent 95 % des coupes dans l’aide internationale prévues en 2025. Ce n’est pas là faire preuve de leadership. L’aide internationale est l’un des rares outils civils dont nous disposons pour prévenir les crises et favoriser un monde plus stable avant que les situations d’urgence ne deviennent incontrôlables. Une étude du Fonds monétaire international montre que la prévention des conflits est 100 fois plus rentable que la réponse aux crises. Un G7 marqué par les guerres et les souffrances massives des civils, mais qui reste muet sur ces lois fondamentales destinées à protéger la dignité humaine, est incomplet. Le Canada et ses partenaires doivent être clairs : l’aide humanitaire doit être fondée sur des principes, l’accès doit être protégé et les personnes civiles doivent être épargnées. L’engagement du G7 à verser 1 milliard de dollars américains en réponse à la crise d’Ebola est bienvenu. Ce soutien est urgent et peut contribuer à sauver des vies. Mais il souligne également un échec plus général à investir suffisamment tôt dans la prévention. Des études de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale de la santé montrentque le retour sur investissement dans la prévention des pandémies est de 14 pour 1. Comme le souligne le G7, les partenariats peuvent et doivent être mutuellement bénéfiques. Mais cela ne peut être le cas que si les avantages et la prise de décision sont partagés équitablement. Ces partenariats doivent respecter les normes environnementales et les droits de la personne, promouvoir les droits et le leadership des femmes, ainsi que la capacité des pays à définir leurs propres priorités. Le commerce peut être le résultat d’un développement réussi, mais il ne saurait s’y substituer. L’influence du Canada n’a jamais dépendu uniquement de son envergure. Elle repose sur la crédibilité, la capacité à former des coalitions et un leadership fondé sur des principes. Si le Canada souhaite un monde plus stable et plus résilient, il devrait se servir du G7 pour promouvoir des réformes en faveur de partenariats véritablement mutuellement bénéfiques. Nous dépendons des règles – nous devrions contribuer à les améliorer. Partager cet article
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