Nouvelles Notre directrice générale s’adresse au Comité sénatorial des affaires étrangères et du commerce international Cooperation Canada Nouvelles 7 Mins read février 6, 2026 / Nouvelles et mises à jour / Nouvelles / Notre directrice générale s’adresse au Comité sénatorial des affaires étrangères et du commerce international L’un des moments forts de la Semaine du développement international 2026 a été la comparution de notre directrice générale, Kate Higgins, devant le Comité sénatorial permanent des affaires étrangères et du commerce international (AEFA) le 5 février, où elle a discuté directement avec les sénateur·trice·s du rôle du Canada dans la résolution des défis mondiaux et de l’importance d’une aide internationale prévisible et dotée de ressources suffisantes. Écoutez la déclaration complète via la webdiffusion du Comité. Lisez ci-dessous la déclaration de notre directrice générale à la suite de son intervention devant le Comité. Je tiens à vous remercier de me donner l’occasion de m’exprimer aujourd’hui au nom de Coopération Canada, la voix nationale indépendante de la coopération internationale qui représente plus de 100 organisations canadiennes de développement et d’aide humanitaire. Je voudrais commencer par un message simple : en cette période de rupture mondiale, la coopération internationale au développement n’est pas accessoire à l’intérêt national du Canada. Elle en est au contraire au cœur. Le Canada évolue dans un monde plus concurrentiel, plus fragmenté et plus sujet aux crises qu’il ne l’a été depuis des décennies. Les conflits s’intensifient. Les besoins humanitaires augmentent. Les progrès en matière de développement stagnent ou reculent. Les droits humains et la démocratie sont constamment menacés. Ces défis ont des conséquences dévastatrices pour les personnes et les communautés qui sont en première ligne. Mais ils ne restent pas lointains. Ils traversent rapidement les frontières, façonnant la stabilité mondiale et affectant directement la sécurité, la prospérité et les opportunités du Canada. Dans ce contexte, le Canada doit assumer son rôle de puissance moyenne, en faisant valoir ses valeurs et ses intérêts non pas par la coercition, mais par son influence, sa crédibilité, des partenariats de confiance et un engagement fondé sur des principes. Et l’un des outils les plus efficaces dont nous disposons pour y parvenir est la coopération au développement. Cette semaine est la Semaine internationale du développement, et des représentant·e·s de plus de 60 organisations internationales de développement et d’aide humanitaire se sont réuni·e·s ici, sur la Colline du Parlement, avec des parlementaires, dont certain·e·s d’entre vous, de tous les partis politiques. Notre message cette semaine a été clair : la coopération au développement n’est pas de la charité. Il s’agit d’un investissement stratégique dans la prévention, la résilience et la prospérité partagée. Elle aide à faire face aux chocs avant qu’ils ne se transforment en crises, avant que les effets du changement climatique ne compromettent les systèmes alimentaires, avant que l’insécurité alimentaire n’alimente les troubles, avant que l’instabilité ne se transforme en conflit et avant que les déplacements de population ne s’accélèrent. Elle renforce les fondements qui empêchent ces spirales, en soutenant les services de base et essentiels, la gouvernance inclusive, les opportunités économiques et la résilience des communautés. Elle soutient la paix et la démocratie en faisant progresser les droits de la personne, l’égalité des genres et la responsabilité des institutions. Honorables sénateur·trice·s, cela est important non seulement pour nos partenaires à l’étranger, mais aussi pour le Canada lui-même. Dans un monde plus contesté, l’influence est façonnée par la confiance et l’engagement à long terme autant que par la puissance économique ou militaire. Pour un pays comme le Canada, la coopération internationale au développement est l’un des moyens les plus efficaces de renforcer cette influence, en établissant des relations durables, en renforçant la crédibilité et en positionnant le Canada comme un partenaire fiable. Alors, que devons-nous faire concrètement à ce stade ? Quelles sont les priorités les plus importantes pour la coopération canadienne au développement en ce moment ? Cette semaine, lors de nos discussions avec les parlementaires et les décideur·euse·s, nous nous sommes concentré·e·s sur trois priorités : Premièrement, alors que le Canada redéfinit sa politique étrangère en tant que puissance moyenne dans un monde plus fracturé et plus concurrentiel, le développement international doit être mis à profit, au même titre que la diplomatie, le commerce et la défense, comme un pilier essentiel de l’influence et de l’impact du Canada. Deuxièmement, le Canada doit veiller à ce qu’une part importante de son aide internationale reste axée sur la réduction de la pauvreté, les droits de la personne et les communautés les plus vulnérables. Cela signifie qu’il faut concentrer en grande partie nos précieux fonds d’aide dans les contextes fragiles et à faible revenu. Ce sont les endroits où les besoins sont les plus grands, les risques les plus élevés et où les autres formes de financement, y compris les capitaux privés, sont les moins susceptibles d’atteindre et où l’aide au développement est souvent irremplaçable. L’aide internationale peut élargir les possibilités économiques et renforcer les relations diplomatiques, et il existe des moyens éprouvés pour y parvenir. Mais veillons à ce que l’aide du Canada reste fidèle aux meilleures pratiques mondiales, à nos valeurs et à notre législation, notamment la Loi sur la responsabilité en matière d’aide publique au développement. Et troisièmement, si nous voulons être véritablement fidèles à nos valeurs, le Canada doit respecter le droit international humanitaire et renforcer l’action humanitaire fondée sur des principes, notamment en soutenant un accès humanitaire sans entrave. Les horreurs dont nous sommes témoins dans le monde ne doivent pas devenir la nouvelle norme. Les organisations de la société civile canadienne sont prêtes à jouer leur rôle. Nous sommes reconnu·e·s mondialement pour nos résultats humanitaires et de développement à fort impact. Nous entretenons des liens étroits et de longue date avec des communautés et des partenaires à travers le monde. Et nous avons une portée nationale, en communiquant quotidiennement avec des centaines de milliers de Canadien·ne·s qui font des dons, du bénévolat et du plaidoyer pour cette cause. Nous ne sommes ni naïf·ve·s ni nostalgiques. Nous sommes pragmatiques et avons des principes. Nous savons que, comme tout système, le système de coopération internationale doit se moderniser et évoluer. Nous pensons que nous devons redoubler d’efforts dans les domaines qui fonctionnent et où le Canada peut avoir le plus d’impact. Nous pensons que nous devons innover, établir de nouveaux partenariats et nous ouvrir à des changements radicaux. Monsieur le président et honorables sénateur·trice·s, la question n’est pas de savoir si le Canada peut se permettre la coopération internationale au développement. La question est de savoir si le Canada peut se permettre les conséquences d’un sous-investissement à un moment où l’instabilité augmente et où les coûts des crises s’accélèrent. La coopération internationale au développement reste l’un des investissements les plus judicieux que le Canada puisse faire, pour un monde plus sûr et plus prospère, et pour un Canada plus sûr et plus prospère. Merci. Partager cet article
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