Nos membres en action MHN 2026 – Entretien avec Ashley Rerrie Cooperation Canada Nos membres en action 5 Mins read février 24, 2026 / Nouvelles et mises à jour / Nos membres en action / MHN 2026 – Entretien avec Ashley Rerrie Pour la troisième année consécutive, notre campagne numérique met en lumière les acteur·trice·s du changement, les innovateur·trice·s et les perturbateur·trice·s noir·e·s dans le domaine de la coopération internationale canadienne. Tout au long du mois de février, nous dressons le portrait de leaders dont les réalisations, les défis et les perspectives transforment le secteur et font progresser l’équité, l’inclusion et la justice.Cette semaine, nous vous invitons à rencontrer Ashley Rerrie, Responsable de programme, Fonds Égalité. Pourquoi avez-vous décidé de travailler dans la coopération internationale et quels ont été les moments forts de votre carrière ? J’ai décidé de travailler dans le domaine de la coopération internationale après avoir passé un été comme bénévole au Nicaragua dans le cadre d’un programme appelé Intercordia Canada, alors que j’étais encore étudiante de premier cycle. Mon expérience au Nicaragua était axée sur la solidarité, l’établissement de relations avec la communauté dans laquelle je vivais et le témoignage à ses côtés. Cette expérience m’a permis de comprendre plus profondément à quel point les défis auxquels nous sommes actuellement confronté·e·s sont des questions interdépendantes à l’échelle mondiale, et m’a appris que les relations et la solidarité doivent être au cœur de notre travail en faveur de la justice. Parmi les moments forts de ma carrière, je citerais mon travail avec une coopérative de femmes dans une région rurale du Nicaragua qui accomplissait un travail incroyable en faveur de l’égalité des sexes et du changement culturel dans leur communauté, au début de ma carrière. Plus récemment, j’ai pu participer à la Marche des femmes noires organisée par le mouvement afro-féministe brésilien au Brésil, qui a rassemblé plus de 300 000 militantes de tout le Brésil et du monde entier. C’était incroyable de se trouver dans un espace qui montrait le dynamisme, la diversité et la force du mouvement féministe noir. Quelles expériences ont influencé votre carrière en tant que personne noire dans le secteur de la coopération internationale ? J’arrive dans le secteur international en tant que femme noire qui bénéficie également d’une position privilégiée : j’ai eu la chance de poursuivre des études supérieures, de suivre des formations en renforcement des capacités et en leadership dans le cadre de différentes initiatives de Coopération Canada et de conseils régionaux, et j’ai pu me lancer en effectuant des stages et en occupant des postes bénévoles. En même temps, j’ai également constaté à quel point ce secteur est largement lié aux normes du Nord global, résistant au changement et perpétuant les dynamiques de pouvoir coloniales. J’ai également été confrontée au quotidien à des microagressions, au dédain pour mon expérience et aux mécanismes de la suprématie blanche sous le couvert du développement international et du multiculturalisme. Je suis extrêmement reconnaissante envers les femmes noires qui sont et ont été mes collègues et mes leaders, pour m’avoir montré à quoi peut ressembler un autre type de leadership et comment lutter contre le racisme et les dynamiques de pouvoir néfastes dans l’ensemble du secteur. Face à la réduction de l’espace civique et au silence imposé aux personnes marginalisées et privées de leurs droits, quels sont vos espoirs pour l’avenir et quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent travailler dans la coopération internationale en tant qu’acteur·trice·s du changement, défenseur·euse·s ou personnes alliées ? La situation mondiale actuelle est tendue et pose des défis de plus en plus complexes, allant des changements géopolitiques à la réduction de l’espace civique, en passant par les génocides en cours et les crises humanitaires et climatiques urgentes. J’espère que nous pourrons conserver notre humanité, continuer à accorder une attention soutenue à ces crises et avoir le courage de faire les choses différemment dans notre secteur. Notre travail doit être fondé sur la confiance et la reconnaissance du fait que nos luttes sont toutes profondément liées. L’espoir doit être une discipline (un refus de céder au désespoir et au nihilisme), mais aussi un appel à l’action. Soyez attentifs et à l’écoute des personnes qui travaillent au niveau local. Ayez confiance en leur capacité à savoir où et comment agir. Je continue de penser que les relations sont au cœur de tout ce que nous pouvons accomplir ensemble. Aussi important que soit le travail technique, cultiver les relations joue un rôle clé dans notre capacité à répondre à des défis mondiaux de plus en plus complexes. Partager cet article
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