Pour la troisième année consécutive, notre campagne numérique met en lumière les acteur·trice·s du changement, les innovateur·trice·s et les perturbateur·trice·s noir·e·s dans le domaine de la coopération internationale canadienne. Tout au long du mois de février, nous dressons le portrait de leaders dont les réalisations, les défis et les perspectives transforment le secteur et font progresser l’équité, l’inclusion et la justice.

Cette semaine, nous vous invitons à rencontrer Alliancé Babunga Daniels, Responsable des relations gouvernementales, ONE Campaign.

Pourquoi avez-vous décidé de travailler dans la coopération internationale et quels ont été les moments forts de votre carrière ? 

Tout a toujours été une question de timing et d’alignement. J’ai choisi de travailler dans la coopération internationale parce que je suis motivée par les activités qui relient les personnes, les gouvernements et les entreprises afin de susciter des changements significatifs et durables. Au début de ma carrière, alors que je travaillais dans les secteurs public, universitaire et privé, je me suis profondément intéressée à la manière dont les décisions prises dans un contexte donné peuvent influencer les opportunités et les résultats bien au-delà des frontières.

L’un des moments forts de ma carrière a été de travailler au sein du gouvernement, où j’ai conseillé des ministres du Cabinet sur des questions nationales complexes, dirigé la mobilisation des parties prenantes et soutenu la mise en œuvre des mandats confiés par le premier ministre Trudeau. Cette expérience m’a permis de mieux comprendre comment le changement se produit réellement, comment le pouvoir fonctionne, comment les récits sont façonnés et comment un engagement stratégique conduit à des résultats durables. Elle a renforcé ma conviction qu’une coopération efficace nécessite un équilibre entre une réflexion stratégique, une communication claire et une ancrage délibéré dans les réalités vécues par les communautés desservies.

Ma formation universitaire en relations internationales à l’Université de Colombie-Britannique était motivée par une ambition claire : contribuer de manière significative aux affaires mondiales. Aujourd’hui, cette ambition est pleinement réalisée. Dans le cadre de mes fonctions au sein de ONE Campaign, je me concentre sur la promotion des opportunités économiques et d’une vie plus saine à travers l’Afrique, tout en contribuant à changer le discours sur l’Afrique au Canada, qui passe de la dépendance à l’aide à un partenariat, une prospérité partagée et des avantages mutuels en tant que partenaire stratégique.

Quelles expériences ont influencé votre carrière en tant que personne noire dans le secteur de la coopération internationale ? 

En tant que professionnelle noire, j’ai souvent été consciente de la distance qui sépare les communautés dont on parle et les salles où les décisions sont prises. Cette prise de conscience a façonné ma façon d’aborder la représentation, l’influence, l’engagement et le leadership, et a renforcé l’importance d’aller au-delà de la simple présence pour avoir un impact significatif.

Au début de ma carrière, un cadre supérieur m’a donné un conseil qui m’a marqué : ne laisse pas ta couleur de peau dicter ton comportement ou ton expérience au travail. Tu es dans cette salle parce que tu es compétent et que tu as des connaissances. Ce conseil m’a aidé à rester fidèle à moi-même, à diriger avec confiance et à relever les défis sans les intérioriser. Il m’a permis de m’épanouir pleinement, en m’appuyant à la fois sur mes compétences et mes objectifs.

Mon expérience vécue influence ma façon d’écouter, de gérer les dynamiques de pouvoir et d’instaurer la confiance malgré les différences, mais elle ne définit pas mes limites. Elle a fait de moi une dirigeante déterminée, sûre d’elle et profondément engagée à promouvoir des résultats inclusifs et équitables.

Face à la réduction de l’espace civique et au silence imposé aux personnes marginalisées et privées de leurs droits, quels sont vos espoirs pour l’avenir et quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent travailler dans la coopération internationale en tant qu’acteur·trice·s du changement, défenseur·euse·s ou personnes alliées ? 

Malgré les défis actuels, je reste optimiste et plein d’espoir. Cet état d’esprit est essentiel dans ce travail. J’ai vu comment les communautés continuent à s’organiser, à s’adapter et à militer pour le changement, même lorsque l’espace civique est restreint. J’espère que le secteur de la coopération internationale sera plus à l’écoute, partagera plus sincèrement le pouvoir et privilégiera l’impact à long terme plutôt que la visibilité à court terme.

J’ai été particulièrement encouragée par les discussions du Forum des leaders 2025 sur l’avenir de la coopération internationale canadienne dans une période de perturbations mondiales accrues. Cette réunion a rassemblé des leaders chevronnés et émergents, ce qui nous a permis de voir les opportunités dans l’incertitude et de réimaginer comment le secteur peut réagir avec résilience, collaboration et adaptabilité. Avec un leadership intentionnel et une ouverture aux nouvelles idées, je crois que le secteur peut continuer à obtenir de meilleurs résultats malgré un espace civique en déclin.

À ceux qui se lancent dans ce domaine, je conseille de rester fidèles à leurs objectifs. Écoutez attentivement, comprenez les systèmes dans lesquels vous travaillez et restez responsables envers les personnes les plus touchées par votre travail. Un changement significatif nécessite de la patience, de l’intégrité et de la résilience, mais il est possible lorsque nous dirigeons avec clarté, attention et conviction.

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