Coopération Canada est profondément alarmée par l’escalade rapide du conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis, ainsi que par les conséquences dramatiques qui se font déjà sentir dans toute la région, notamment au Liban, dans les pays du Golfe et au-delà.

En quelques jours, des zones densément peuplées ont été touchées, faisant des milliers de morts et de blessés parmi les personnes civiles et causant des destructions massives des infrastructures civiles. Les responsables des Nations Unies et les organisations humanitaires ont exprimé leur profonde inquiétude face au nombre croissant de victimes civiles à mesure que les frappes militaires s’étendent à plusieurs pays. Le bombardement d’une école primaire réservée aux filles, qui a tué au moins 165 enfants et en a blessé beaucoup d’autres, souligne l’impact dévastateur et inacceptable de la violence sur les communautés civiles et les risques graves que représente l’utilisation d’armes explosives dans des zones peuplées.

Le droit international humanitaire est clair. Les personnes civiles ne doivent jamais être la cible de violences.

Tous les États doivent respecter leurs obligations en vertu de la Charte des Nations Unies, y compris l’interdiction de recourir à la force, sauf en conformité avec le droit international. Les attaques aveugles, la destruction d’infrastructures civiles et les actions contribuant à des déplacements forcés soulèvent de graves préoccupations juridiques et humanitaires.

La violence entraîne de nouveaux déplacements forcés massifs de populations au Liban, où les agences humanitaires ont activé des mesures d’urgence, ouvrant des refuges et enregistrant les familles contraintes de fuir leurs foyers. Alors que les hostilités s’intensifient, les acteur·trice·s humanitaires sont confronté·e·s à des contraintes opérationnelles croissantes, notamment la fermeture de cliniques, des pénuries d’approvisionnement et un accès restreint aux communautés touchées, à un moment où les besoins humanitaires mondiaux atteignent déjà des niveaux records et où le manque de financement met à rude épreuve les capacités d’intervention.

Cette escalade se déroule également dans un contexte de violence et de crise humanitaire persistantes à Gaza et de tensions croissantes en Cisjordanie. L’incapacité à maintenir un cessez-le-feu et la poursuite des attaques contre les personnes et les infrastructures civiles aggravent encore les souffrances et exercent une pression supplémentaire sur les systèmes humanitaires déjà surchargés dans toute la région.

Sans une désescalade immédiate des hostilités, les conséquences seront graves et imprévisibles pour la stabilité régionale, les populations civiles et la paix et la sécurité internationales. L’escalade militaire n’apportera pas une sécurité durable et continuera d’aggraver les crises humanitaires dans toute la région.

Le Canada a confirmé qu’il n’avait pas été consulté et qu’il ne participait pas à ces opérations militaires, et qu’il se concentrait actuellement sur la protection des Canadien·ne·s dans la région.

Dans ce contexte, le Canada a un rôle important à jouer et doit faire pression pour obtenir un cessez-le-feu immédiat et durable, en étroite coordination avec les pays partenaires partageant les mêmes idées.

Coopération Canada demande donc au gouvernement du Canada :

  • D’utiliser tous les canaux diplomatiques pour faire pression en faveur d’une désescalade immédiate et de donner la priorité à la diplomatie tout en soutenant les efforts de médiation crédibles, notamment par l’intermédiaire des Nations Unies et d’autres institutions multilatérales, en reconnaissant que la diplomatie reste la seule voie viable pour prévenir de nouvelles souffrances civiles et la déstabilisation de la région.
  • Adopte une position fondée sur des principes et des valeurs et réaffirme publiquement l’obligation de toutes les parties de respecter le droit international humanitaire et les droits de la personne, y compris la protection des personnes civiles, du personnel humanitaire et des infrastructures civiles.
  • Renforce l’aide humanitaire et soutienne un accès humanitaire sûr, rapide et durable pour les organisations qui répondent aux besoins croissants des personnes déplacées et des personnes civiles, y compris le soutien aux pays voisins qui accueillent des populations déplacées et aux communautés confrontées aux répercussions humanitaires et infrastructurelles plus larges du conflit.
  • Veiller à ce que les politiques du Canada, y compris les décisions en matière d’exportation d’armes, soient pleinement conformes à ses obligations en vertu du droit international, notamment le Traité sur le commerce des armes.

Les personnes touchées par ces conflits méritent la sécurité, la dignité et la protection contre de nouveaux préjudices.

Depuis des décennies, les membres de Coopération Canada et les organisations canadiennes travaillent aux côtés de partenaires dans la région pour soulager les souffrances humaines, protéger les personnes civiles et soutenir les communautés touchées par les conflits.

Compte tenu de son engagement humanitaire de longue date et de son rôle diplomatique constructif dans la région, le Canada dispose de la crédibilité nécessaire pour contribuer à faire progresser les efforts visant à trouver des solutions pacifiques.

À ce moment critique, le gouvernement du Canada doit agir pour soutenir la diplomatie, l’aide humanitaire et la protection des personnes civiles.

Contact média

Gabriel Karasz-Perriau, gestionnaire principal des communications
gkaraszperriau@cooperation.ca
(514) 945-0309

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