Lorsque le droit international est violé de manière aussi grave et flagrante, le monde ne peut pas répondre par la prudence, l’inaction ou une indignation sélective.

Il y a plus d’un an, Coopération Canada dénonçait le génocide à Gaza. Depuis, la situation n’a cessé de se détériorer dans l’ensemble de la Palestine. À Gaza, les Palestinien·ne·s continuent d’être tué·e·s, blessé·e·s, déplacé·e·s de force et privés de l’essentiel à leur survie. Et en Cisjordanie, l’expansion des colonies et la violence continuent de provoquer des déplacements, de priver la population palestinienne de ses droits et d’éloigner la perspective d’une paix juste et durable.

Cette année, nous soulignons les trois ans depuis les attaques perpétrées par le Hamas le 7 octobre 2023, qui ont notamment entrainé la mort de personnes civiles et des prises d’otages, au cours desquelles de graves violations des droits de la personne et du droit international ont été commises.

Cependant, ces crimes ne peuvent justifier un génocide ni une punition collective du peuple palestiniens. Le droit international doit s’appliquer à tous·tes, de manière égale.

L’histoire montre clairement les conséquences du silence et de l’inaction face aux génocides et aux atrocités de masse. De l’Holocauste au génocide contre les Tutsi au Rwanda, en passant par Srebrenica et d’autres atrocités, la communauté internationale a appris à maintes reprises le coût dévastateur de l’hésitation, de l’indifférence et de l’inaction.

Ces faits nous imposent un engagement simple : « plus jamais » doit réellement signifier « plus jamais pour tout le monde ».

Cet engagement perd tout son sens lorsqu’il est appliqué de manière sélective. la normalisation d’actes génocidaires et de crimes contre l’humanité revient à affirmer que le pouvoir compte davantage que les principes et que certaines personnes peuvent être exclues de la protection du droit international. Les Palestinien·ne·s ont, dans les faits, été abandonnés par celles et ceux qui ont le pouvoir d’agir. Cet échec affaiblit le système de droit international et de reddition de comptes dont dépendent les communautés vulnérables.

Notre réponse collective doit être à la hauteur de la situation. La reconnaissance de l’État de Palestine par le Canada, son engagement continu en faveur d’une solution viable à deux États, son engagement à restreindre le commerce des produits provenant des colonies israéliennes illégales et son soutien accru à la population palestinienne constituent des avancées importantes. Ces mesures doivent maintenant s’accompagner d’actions soutenues pour mettre fin au génocide et aux crimes contre l’humanité, faire en sorte que les responsables répondent de leurs actes et faire respecter le droit international.

Pour se faire, la question est donc la suivante : que sommes-nous prêt·e·s à faire pour mettre fin aux atrocités, défendre la dignité humaine et ouvrir une voie crédible vers la justice, la sécurité et l’espoir ?

L’histoire montre que mettre fin aux atrocités peut nécessiter de dialoguer avec les personnes qui en sont responsables. Mais le dialogue ne signifie pas la normalisation, la négociation ne vaut pas absolution et la diplomatie ne peut soustraire les auteurs de ces crimes à leur responsabilité. Lorsque des instances internationales crédibles ont établi la responsabilité d’acteur·trice·s dans un génocide ou d’autres crimes graves, le Canada doit agir.

Les responsables de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité doivent répondre de leurs actes. Les États doivent utiliser les outils diplomatiques, économiques et juridiques à leur disposition pour prévenir de nouvelles atrocités et faire respecter le droit international.

Il ne s’agit pas de principes abstraits. Lorsque les protections les plus fondamentales de la dignité humaine sont bafouées en toute impunité, les conséquences dépassent largement la Palestine. Elles érodent les règles censées nous protéger tous·tes et créent les conditions propices à davantage de violence et d’insécurité.

L’histoire jugera non seulement celles et ceux qui commettent des atrocités, mais aussi celles et ceux qui les excusent, les rendent possibles ou choisissent le silence. Le Canada et la communauté internationale doivent agir avec l’urgence et la cohérence qu’exige la situation.

Signatures

Coopération Canada

Human Concern International

Oxfam-Québec

Oxfam Canada

Mennonite Central Committee Canada

Médecins du Monde Canada

Notes aux rédacteur·trice·s

  • Coopération Canada est le porte-parole national des organisations canadiennes œuvrant dans les domaines du développement international et de l’aide humanitaire. Représentant plus de 100 organisations, nous rassemblons, coordonnons et défendons une coopération internationale efficace, inclusive et responsable, qui contribue à un monde plus juste, plus sûr et plus durable.
  • À titre de référence, veuillez consulter notre précédente déclaration sur la Palestine intitulée « Génocide à Gaza ».

Contact presse

Gabriel Karasz-Perriau, responsable principal des communications

gkaraszperriau@cooperation.ca

(514) 945-0309

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