Finance et politiques de développement L’égalité entre les genres dans la politique étrangère du Canada : quels sont les enjeux ? Cooperation Canada Finance et politiques de développement 7 Mins read septembre 23, 2026 / Nouvelles et mises à jour / Finance et politiques de développement / L’égalité entre les genres dans la politique étrangère du Canada : quels sont les enjeux ? Table des matières Ce que le Canada risque de perdre Maintenir l’égalité entre les genres à l’ordre du jour L’égalité entre les genres est souvent abordée sous l’angle des droits, du développement ou de la justice sociale. Mais elle est également étroitement liée à l’économie, à la démocratie et à la sécurité. Partout dans le monde, les attaques contre l’égalité entre les genres s’inscrivent de plus en plus souvent dans le cadre d’efforts plus larges visant à affaiblir les droits humains, les libertés démocratiques et la coopération internationale. L’égalité entre les genres est donc bien plus qu’une simple priorité de politique étrangère. Elle reflète des choix quant au type de société et de monde que les pays cherchent à construire, en particulier à une époque marquée par une montée de l’autoritarisme et par l’incertitude géopolitique. Le Canada redéfinit sa place dans un monde en mutation rapide. La diversification commerciale, la souveraineté économique, la sécurité et les partenariats stratégiques prennent une importance croissante dans la politique étrangère du pays. Ces priorités sont légitimes, mais elles soulèvent une question déterminante pour la prochaine phase de l’engagement international du Canada : l’égalité entre les genres restera-t-elle une priorité claire et significative ? Cette préoccupation ne porte pas simplement sur la question de savoir si le langage féministe disparaîtra des futurs documents d’orientation. Il s’agit de savoir si le Canada préservera près de huit années d’investissements, d’expertise et de partenariats, et s’il continuera à soutenir des approches qui ont donné des résultats. C’est dans ce contexte que Coopération Canada, en collaboration avec le Women’s Rights Policy Group et la Global Gender Equality Coalition, a commandé l’étude intitulée « Maintenir le cap sur l’égalité des genres : Des données probantes pour éclairer l’avenir de la Politique d’aide internationale féministe du Canada ». Rendue possible grâce à un financement d’Affaires mondiales Canada, cette étude dresse le bilan de près de huit ans de mise en œuvre de la Politique d’aide internationale féministe (PAIF) et fournit des données permettant de mieux comprendre ses progrès, ses limites et les acquis qu’il convient de préserver. Les conclusions de l’étude ont ensuite servi de base à l’élaboration d’une note d’orientation sur l’égalité des genres. Cette note offre un socle commun pour les discussions politiques actuelles et démontre que l’égalité entre les genres doit rester une priorité essentielle de la politique étrangère du Canada. Ce que le Canada risque de perdre Il ne fait aucun doute que la PAIF a contribué à faire progresser les droits des femmes et des filles à l’échelle mondiale. De l’éducation à la santé et aux droits sexuels et reproductifs, en passant par la participation des femmes aux opérations de paix des Nations Unies et leur capacité à comprendre et à faire valoir leurs droits, l’égalité entre les genres s’est ancrée plus fermement dans l’aide internationale du Canada. La PAIF a également aidé le Canada à aborder l’action humanitaire, le changement climatique, la pauvreté et les inégalités sous l’angle de l’égalité entre les genres. La participation économique des femmes contribue à des économies plus résilientes, et leur inclusion dans la consolidation de la paix peut favoriser une paix plus durable et plus inclusive. Le maintien de cette expertise renforcerait, plutôt que de faire concurrence, les objectifs plus larges du Canada en matière d’économie, de sécurité et de diplomatie. Ces expériences constituent une base solide pour construire un nouveau discours autour du commerce, du développement et de la sécurité sans pour autant mettre de côté les progrès réalisés par le Canada dans la promotion des droits humains et des valeurs qui nous sont chères en tant que Canadien·ne·s. Mais cette base pourrait s’affaiblir si l’égalité entre les genres n’est plus clairement articulée, soutenue et mesurée. Le Canada risque de perdre son expertise institutionnelle, ses partenariats de confiance avec les organisations de défense des droits des femmes et la crédibilité internationale qu’il a bâtie au fil des années. Les discussions en cours au sein de la société civile peuvent apporter des éléments factuels et des points de vue qui contribueront à façonner ce nouveau discours et à éclairer la réflexion du gouvernement. L’objectif n’est pas de s’opposer à l’évolution de la politique étrangère du Canada, mais de montrer comment les nouvelles priorités peuvent s’appuyer sur les enseignements tirés de la PAIF. Maintenir l’égalité entre les genres à l’ordre du jour Alors que le Canada réexamine ses priorités, trois éléments pourraient contribuer à garantir que l’égalité entre les genres reste visible, concrète et soumise à un contrôle dans la prochaine phase de la politique étrangère. Premièrement, le Canada a besoin d’une plus grande clarté politique. La mise en œuvre de la PAIF a révélé des interprétations hétérogènes du féminisme et de l’égalité entre les genres. À mesure que des concepts tels que le pragmatisme, la souveraineté économique et la sécurité prennent de l’importance, le gouvernement devrait définir ce qu’ils signifient, dans quels contextes ils s’appliquent et comment ils façonnent l’engagement international du Canada, y compris leur lien avec l’égalité entre les genres. Deuxièmement, le Canada doit renforcer la cohérence de ses politiques. Le Canada s’est forgé une réputation de partenaire international attaché à ses principes, engagé en faveur des droits humains et d’un ordre international fondé sur des règles. Préserver cette crédibilité est tout aussi important que la poursuite de la prospérité économique. Les politiques en matière de commerce, de développement, de diplomatie et de sécurité devraient donc agir de concert pour renforcer les engagements du Canada en faveur de l’égalité entre les genres et des droits humains. Troisièmement, le Canada devrait préserver les fondements qui ont permis ces progrès. Faire progresser l’égalité entre les genres exige plus que de simples engagements politiques. Cela dépend d’investissements soutenus, de capacités institutionnelles et de partenariats à long terme. Cela implique de maintenir un financement prévisible et dédié, de réaffirmer l’égalité entre les genres à la fois comme un objectif à part entière et comme une priorité transversale, et de préserver l’expertise au sein du gouvernement et de la société civile. Cela signifie également de respecter les engagements clés, notamment le soutien à la santé et aux droits sexuels et reproductifs, ainsi qu’un financement flexible et à long terme pour les organisations de défense des droits des femmes. Ensemble, ces mesures contribueraient à garantir que la politique étrangère du Canada, en constante évolution, réponde aux nouvelles réalités géopolitiques tout en préservant les valeurs, les engagements et le leadership qui ont façonné son rôle sur la scène internationale. Partager cet article
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