Lettre au Premier ministre Justin Trudeau à propos de la dérogation à l’ADPIC

Lettre au Premier ministre Justin Trudeau à propos de la dérogation à l’ADPIC

 

Coopération Canada, aux côtés de CanSFE et des défenseurs de la justice sociale à travers le pays, demandent au Canada de faire davantage pour soutenir les mécanismes cruciaux pour lutter contre la COVID-19 et favoriser une relance mondiale équitable.

Lisez notre lettre au Premier ministre Justin Trudeau au sujet de la renonciation aux ADPIC, cosignée par Julia Anderson, directrice générale de CanSFE, et notre directeur général, Nicolas Moyer.

Elle met l’accent sur le soutien du Canada à la proposition de l’Inde et de l’Afrique du Sud de renoncer aux obligations pertinentes en vertu de l’Accord sur les ADPIC de l’Organisation mondiale du commerce, à la mise en commun des technologies d’accès au COVID-19 (CTAP) et à la création d’un groupe consultatif canadien pour explorer des solutions à la réponse mondiale inéquitable au COVID-19.

 

 

 

Coopération Canada réagit au budget 2021 : Une occasion ratée pour l’engagement mondial du Canada   

Coopération Canada réagit au budget 2021 : Une occasion ratée pour l’engagement mondial du Canada  

Assurer la sécurité des canadiens et des canadiennes est le rôle le plus important du gouvernement. Cela signifie qu’il faut éradiquer la COVID-19 du monde entier, s’attaquer de toute urgence à la crise climatique et assurer une relance équitable après la pandémie. Notre économie est mondiale, notre population est multiculturelle et nous ne pouvons pas résoudre les défis mondiaux de manière isolée. Le Canada ne se rétablira pas tant que le monde ne le sera pas. 

Aujourd’hui, le gouvernement du Canada a annoncé des mesures budgétaires visant à éradiquer la COVID-19. Ces mesures comprennent 375 millions de dollars pour la réponse à la pandémie mondiale ; une contribution essentielle qui permettra de sauver des vies. Pourtant, ce chiffre modeste est en contradiction avec les engagements pris par le gouvernement l’an dernier, qui s’élevaient à environ 1,2 milliard de dollars. Par ailleurs, il ne reflète pas les besoins humanitaires pressants à l’échelle mondiale et n’y répond pas : 97 millions de personnes sont au seuil de l’extrême pauvreté et 270 millions sont confrontées à une faim aiguë. La COVID-19 n’est pas une crise passagère. Elle exige un leadership politique et des investissements stratégiques pour rattraper les 25 années de progrès réalisés en matière de développement humain, perdues au cours des 25 premières semaines de la pandémie mondiale. Le budget d’aujourd’hui est une occasion ratée de faire preuve d’un tel leadership politique. 

Les femmes et les filles, les communautés marginalisées et les pays historiquement défavorisés subissent de plein fouet les effets économiques, sociaux et sanitaires les plus durs de la crise. Assurer leur avenir nécessite une action ambitieuse. C’est pourquoi le secteur du développement international a demandé au gouvernement d’investir 1 % de sa réponse à la COVID dans le soutien à la réponse et à la relance mondiales. Le budget présenté aujourd’hui prévoit 375 millions de dollars pour la réponse mondiale à la COVID-19, intégrés dans une augmentation de 1,4 milliard de dollars de l’aide internationale, répartie sur cinq ans. Une telle augmentation apparaît bien insuffisante dans le contexte de la plus grande crise mondiale depuis une génération et de la nécessité d’investissements à long terme dans les mécanismes de santé, de protection sociale et de collaboration économique à l’échelle mondiale dont dépend notre capacité à nous remettre de la pandémie, ainsi qu’à prévenir et limiter les crises futures. 

Le Canada contribue actuellement bien en deçà de sa juste part mondiale et de ses engagements internationaux, investissant seulement 30 cents en assistance internationale pour chaque 100 dollars de revenu national brut. Malgré une augmentation l’an dernier, le Canada continue d’afficher un rendement inférieur à la moyenne des donateurs de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les faibles niveaux de financement, accentués par de nouvelles allocations imprévisibles qui suivent les tendances politiques et l’attention des médias plutôt que les besoins humanitaires et les stratégies de développement, compromettent la concrétisation de la Politique féministe d’aide internationale du gouvernement. 

Les canadiens et les canadiennes comprennent la nécessité d’un budget ambitieux, assorti de mesures conséquentes, pour faire face à la crise à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières. Alors que le Canada est aux prises avec son propre déploiement de vaccins, de nombreux pays à faible revenu n’ont jusque-là pas reçu une seule dose, mettant ainsi des vies en danger et menaçant la santé et la relance économique partout dans le monde. 

“La pandémie de la COVID-19 nous a montré à quel point il est important d’aborder les crises mondiales en toute rapidité”, a déclaré Nicolas Moyer, directeur général de Coopération Canada. “Le secteur canadien du développement international et de l’assistance humanitaire a demandé au gouvernement de s’engager dans un investissement stratégique à long terme dans des solutions mondiales aux multiples crises simultanées qui nous touchent partout. Ce budget a raté une occasion de répondre à ces appels.”

Ce n’est pas non plus aujourd’hui que le Canada a présenté une vision pour relever les défis climatiques internationaux. Nous projetant vers l’avenir, le gouvernement doit s’attaquer à la crise climatique avec détermination. Cela signifie qu’il doit allouer la juste part du Canada aux engagements financiers mondiaux en matière de climat, ce qui correspond à 1,8 milliard de dollars en contributions annuelles, en plus des niveaux actuels d’assistance internationale. Nos crises mondiales ne peuvent être résolues de manière isolée. L’adaptation et l’atténuation du climat, les interventions humanitaires et les efforts de développement se complètent et, à ce titre, méritent des investissements globaux et stratégiques à la hauteur de la gravité et de l’urgence des crises auxquelles nous sommes confrontés partout. 

Le Canada a l’occasion de faire mieux plus tard cette année au Sommet du G7 et à la Conférence de Paris sur le climat (COP21). Il a la possibilité d’investir dans un développement mondial progressif et fondé sur des principes, ce qui est dans l’intérêt de tous. Il est temps de s’engager de manière significative dans des efforts efficaces pour reconstruire des communautés plus saines, plus sûres, plus équitables et durables pour nous tous. 

Personne-ressources pour les médias
Kat Guerin
Gestionnaire des communications
kguerin@cooperation.ca

À propos de Coopération Canada
Coopération Canada rassemble et amplifie les voix des organismes canadiens du milieu de la coopération internationale et de l’aide humanitaire en rassemblant les leaders du secteur, en influençant les politiques et en développant les capacités. De concert avec nos partenaires du Canada et du monde entier, nous construisons un monde plus juste, sécuritaire et durable pour tous.

Le CCCI demande au Canada d’investir 1 % de sa réponse totale à la pandémie aux besoins mondiaux

Le CCCI demande au Canada d’investir 1 % de sa réponse totale à la pandémie aux besoins mondiaux

La COVID-19 a mis en évidence les inégalités au Canada et dans le monde entier.  Cette pandémie a exacerbé des écarts préexistants d‘accès aux ressources, à la santé et à la nourriture et a eu un impact disproportionné sur les groupes déjà marginalisés.  Ces disparités ne font que s’aggraver alors que le monde attend d’agir.  On estime que la COVID-19 fera basculer 71 millions de personnes dans la pauvreté extrême et 265 millions d’autres dans l’insécurité alimentaire aiguë ; et qu’elle empêchera la vaccination de 117 millions d’enfants et occasionnera 31 millions de cas supplémentaires de violence sexospécifique.  Le monde doit agir maintenant pour protéger les vies des plus vulnérables et s’assurer que personne n’est laissé pour compte. 

La COVID-19 a également mis en évidence l’interdépendance de notre monde.  Le virus a démontré que le système de santé mondial est seulement aussi fort que les plus faibles des réseaux de santé nationaux, et que notre bien-être collectif est lié les uns aux autres.  La covid-19 est une menace pour tous, partout.    

Le Canada s’est mobilisé pour lutter contre la COVID-19 sur son territoire, mais les effets du virus se font sentir à l’échelle de la planète.  Ils sont particulièrement ressentis dans l’hémisphère Sud où sa propagation s’accélère et où les inégalités existantes sont amplifiées par la pandémie. Par exemple, en raison des effets de la COVID-19 sur l’accès aux services de santé et de droits sexuels et reproductifs, les projections du scénario le moins grave prévoient les décès additionnels de 253 500 enfants et de 12 200 femmes au cours des six prochains mois.  La réalité des fermetures d’écoles a également eu un impact sur les familles du monde entier. Un milliard et demi d’enfants et de jeunes ont déjà manqué d’éducation et nombreux d’entre eux pourraient ne jamais retourner à l’école.   

Depuis des décennies, le Canada se fait le champion des droits de la personne et de l’égalité des sexes, tant chez nous qu’à l’étranger.  Durant l’une des crises les plus graves du siècle, le Canada peut jouer un rôle de premier plan dans la mise en place d’une reprise mondiale équitable et juste.  Un investissement audacieux et ambitieux dans une telle reprise montrerait au monde entier le leadership généreux et juste du Canada, et serait également un investissement dans un Canada plus fort.  Grâce à cette pandémie, nous avons tous appris que nous sommes plus forts lorsque nous sommes travaillons ensemble.    

Si le Canada doit donner la priorité à la sécurité et au bien-être des Canadiennes et Canadiens, il doit également faire sa part pour assurer une réponse efficace à la COVID-19 à l’échelle mondiale.  Il est urgent de procéder à un investissement immédiat pour atténuer les effets potentiellement catastrophiques de la COVID-19 dans les pays les plus vulnérables.  Afin de mettre fin à la pandémie mondiale, et dans le cadre d’un investissement dans une reprise juste, le Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI) demande au Canada de consacrer au moins 1 % de sa réponse totale à la COVID-19 – soit 2 milliards de dollars en fonds nouveaux et supplémentaires – vers une réponse mondiale qui s’attaque à la propagation du virus et à ses effets secondaires dans les pays les plus pauvres.    

Cet investissement devrait jeter les bases d’investissements supplémentaires dans le développement international afin que le Canada aide ses voisins à mieux se rétablir de cette crise.    

En ce moment, le monde a besoin du leadership du Canada. La santé et le bien-être de tous en dépendent, y compris pour les Canadiennes et Canadiens. 

Lettre ouverte au gouvernement : Une réponse globale pour une pandémie mondiale

Lettre ouverte au gouvernement : Une réponse globale pour une pandémie mondiale

DIFFUSION IMMÉDIATE   

Lettre ouverte au gouvernement : Une réponse globale pour une pandémie mondiale 

 

OTTAWA, ON – Le 6 avril 2020 – Au nom de plus de 180 organismes, le Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI) et quatre coalitions partenaires ont transmis une lettre ouverte à l’honorable KarinaGould, ministre du Développement international, l’invitant à intégrer la coopération internationale aux mesures prises par le Canada pour contrer                 la covid19. 

« Pour que la population canadienne puisse se tenir à l’abri de la covid-19, nous devons stopper sa propagation et l’éradiquer dans toutes les régions du monde où elle sévit, affirme NicolasMoyer, pdg du CCCI. Grâce à notre expertise et en prêtant main-forte aux pays touchés de par le monde, nous pouvons faire échec à la covid-19. »  

Le CCCI se réjouit de la décision du gouvernement fédéral d’accorder 159,5 millions $ tirés du budget de l’aide étrangère pour lutter contre la pandémie par l’aide internationale et la coopération. La lettre ouverte propose d’autres mesures pour aider le Canada à lutter contre la pandémie mondiale au moyen notamment d’une hausse de l’aide internationale canadienne et du renouvellement accéléré du financement accordé aux programmes pluriannuels 

Le secteur du développement international comprend plus de 2 000 organismes, emploie quelque 14 000 Canadiens à temps plein et investit plus de 5 milliards $ annuellement pour soutenir le développement durable et l’aide humanitaire dans le monde. Comme c’est le cas dans tous les secteurs de l’économie canadienne, les organismes d’aide du Canada doivent composer avec une crise sans précédent tout en travaillant d’arrache-pied pour assurer, sur les lignes de front, le maintien de services indispensables pour les populations les plus vulnérablesLe CCCI et ses membres sont impatients de continuer à collaborer avec le gouvernent fédéral en vue de soutenir les interventions mondialisées visant à freiner la propagation de la covid19 et à en atténuer les impacts. 

Cette lettre ouverte a été transmise en collaboration avec le Regroupement des professionnels canadiens en développement international (RPCDI), le Partenariat canadien pour la santé des femmes et des enfants (CanSFE), le Réseau Action Climat (CAN-Rac) et le Réseau de coordination des conseils (RCC). 

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À propos du Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI)  

Le Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI) est l’association nationale qui représente les organismes canadiens du milieu du développement international et de l’aide humanitaire. De concert avec ses membres, elle entend mettre fin à la pauvreté dans le monde et promouvoir la justice sociale et la dignité humaine pour tous les peuples. Le CCCI est déterminé à faire de ces objectifs une priorité publique et à encourager la prise de mesures nécessaires pour faire du monde sans pauvreté une réalité.   

 

Contact pour les médias  

Kat Guerin, gestionnaires des communications
kguerin@ccic.ca  
tél. : 613-222-3009